Graveur : Thomas James Ferrel
Émission : 19 juillet 1999
Valeur : ¼ dollar (25 cents)
Composition : Cuivre nickelé
Poids : 5,67 g
Diamètre : 24,26 mm
Épaisseur : 1,75 mm
Tirage :
- Philadelphie : 451 188 000
- Denver : 488 744 000
- San Francisco : 3 713 359 (BE), 804 565 (Argent BE)
Quand on parle de Georgia, difficile de ne pas penser immédiatement à trois choses : Ray Charles qui chante « Georgia on my mind », les pêches juteuses de l’été et les chênes verts centenaires qui bordent les routes poussiéreuses du Sud. Et c’est précisément ce trio d’images que l’US Mint a réussi à condenser sur un tout petit disque de cuivre-nickel en 1999.
Sorti le 19 juillet 1999, le quarter de Géorgie est le quatrième de la série des 50 State Quarters (après Delaware, Pennsylvanie et New Jersey).
Pourquoi une pêche ? L'histoire d'un surnom qui colle à la peau
La Géorgie est surnommée The Peach State depuis la fin du XIXe siècle. Pourtant… la pêche n’est pas originaire du Sud des États-Unis ! Elle vient de Chine, a transité par la Perse, puis l’Europe avant d’arriver en Amérique avec les colons espagnols et anglais.
Mais à partir des années 1850-1860, les conditions climatiques et les sols de Géorgie se sont révélés idéaux pour la culture du pêcher. Après la guerre de Sécession, les cultivateurs ont massivement replanté des pêchers (plus facile à implanter que le coton ravagé par le boll weevil). Dans les années 1920-1930, la Géorgie devient le premier producteur de pêches des États-Unis.
Aujourd’hui encore, même si la Californie et la Caroline du Sud ont pris le dessus en volume, le mythe reste extrêmement fort. Les panneaux d’autoroute, les boutiques de bord de route, les festivals : tout rappelle la pêche. Mettre une pêche sur le quarter était donc un choix quasi-obligatoire et populaire auprès du public géorgien.
Le live oak : l'arbre qui ne plie pas
Le live oak (chêne toujours vert), ou chêne de Virginie est un symbole de résistance et de longévité dans le Sud. Contrairement aux chênes caducs du Nord, il garde ses feuilles toute l’année. Ses branches tombantes, épaisses, tortueuses, lui donnent une allure majestueuse et presque « hantée » (dans le bon sens du terme).
Pendant la guerre de Sécession, le bois extrêmement dur du live oak servait à construire les coques des navires. Le célèbre cuirassé confédéré CSS Virginia (ex-Merrimack) contenait d’ailleurs beaucoup de chêne vert de Géorgie.
La devise : Wisdom, Justice, Moderation – une philosophie en trois mots
La devise « Wisdom, Justice, Moderation » (Sagesse, justice, modération) apparaît sur le grand sceau de l’État depuis 1777 (avec quelques variations). Elle est inspirée des idéaux des Lumières et des vertus républicaines que les fondateurs de la Géorgie voulaient incarner.
Curieusement, la devise n’a jamais été officiellement adoptée par une loi spécifique… mais elle est partout : sur le drapeau, le sceau, les bâtiments publics… et donc sur le quarter !
Elle contraste assez joliment avec les devises plus guerrières ou conquérantes d’autres États. Ici on est dans la mesure, la réflexion, l’équilibre.
Le petit scandale du comté manquant
Presque personne ne l’avait remarqué au départ… mais les habitants du nord-ouest de la Géorgie ont vite râlé : sur le contour de l’État, le comté de Dade est tout simplement absent !
Situé dans l’extrême nord-ouest, ce petit comté rural est littéralement « coupé » par le dessin. Les plus remontés ont parlé de « trahison cartographique » et ont même lancé des pétitions humoristiques pour que l’US Mint corrige le tirage (ce qui était évidemment impossible).
L’US Mint a expliqué que c’était un choix stylistique pour que la pêche soit bien centrée… mais les habitants de Dade n’ont jamais vraiment digéré.
Conclusion
Le quarter de Géorgie est peut-être l’une des pièces les plus « immédiatement identifiables » de toute la série. En un coup d’œil, on sait immédiatement qu’on à affaire au Peach State : la pêche dodue, le chêne solide, la devise posée en banderole… tout y est.
Malgré son tirage énorme (presque un milliard d’exemplaires), il reste un petit bijou d’histoire locale condensée. Vingt-cinq ans après sa sortie, il continue de faire sourire les collectionneurs et de rappeler aux Américains (et aux quelques Européens passionnés) qu’un simple quarter peut être bien plus qu’une pièce de 25 cents : c’est aussi une petite carte postale métallique d’un État, de ses paysages, de ses fruits et de son âme.
Prochain épisode : Connecticut et son fameux chêne à charte… une histoire d’arbre qui a fait la loi !
